LE FARDEAU DES AILES – 100x100cm – ACRYLIQUE SUR TOILE

Mon cher moi-même,


​Je t’écris depuis ce moment de solitude face à la toile, là où je tente de déposer la dualité qui me déchire..
​En peignant cette femme enracinée, je ressens toute l’immobilité de mes peurs. Elle est figée dans ce tronc comme une Daphné moderne, dénuée de liberté. Ses ailes, que j’ai travaillées dans un esprit presque flamand mais assombri, ne lui servent plus à voler.

Son visage voilé sous ses cheveux incarne mon propre aveuglement, tandis que son corps pesant la rattache irrémédiablement à la terre.
​Face à elle, cet être hybride incarne mon désir de lâcher-prise.

J’ai voulu pour son corps ce clair-obscur dramatique inspiré du Caravage, sculptant la tension de ses muscles et la torsion de son torse. Il s’abandonne à l’extase, le visage tendu vers le ciel, acceptant le lien qui l’entrave.
​Cette corde qui les unit je l’ai peinte avec une précision méticuleuse : elle n’est pas qu’une contrainte, c’est le symbole d’une dépendance mutuelle.

En appliquant la matière, je comprends que je suis à la fois cette raison qui s’enracine pour ne pas s’effondrer, et cet instinct sauvage qui cherche l’évasion dans l’excès.
​Au-dessus de ce paysage sombre et désertique, j’ai fait cette lune gigantesque et ces nuages lourds qui agissent comme un miroir de ma propre confusion.

Je ne cherche pas à peindre une scène apaisée, mais à dresser le cartographie visuelle d’un esprit partagé entre l’ancrage et la tentation.

Si l’une tire trop fort, l’autre bascule ..

Trouble intime et fascination ambivalente..