EXPIATION AU CREPUSCULE – ACRYLIQUE SUR TOILE – 120x120cm

















À travers cette œuvre au symbolisme dense, j’ai cherché à explorer les thèmes du pouvoir, de la dualité morale et du tiraillement entre soumission et liberté.
Au centre de ma composition, j’ai placé cet homme barbu trônant sur un entrelacs de racines blanchies. Je l’ai conçu comme une figure divine, à la fois gardien et juge imperturbable. Pour façonner sa stature, je m’inspire de la puissance plastique de Michel-Ange, jouant sur des drapés sculpturaux et un rendu anatomique affirmé. Sa couronne florale et la précision du modelé apportent une dimension sacrée et grave à sa présence, oscillant entre sévérité et sagesse immémoriale..
Notre Créateur qui revient observer l’évolution terrestre ?..
Autour de lui, j’ai orchestré une tension dramatique incarnée par deux figures féminines. À sa droite, la femme agenouillée porte des cornes et s’y trouve enserrée. Je l’ai pensée comme une allégorie de la tentation et de l’instinct primaire, rappelant la tradition maniériste d’un corps contraint dans une pose complexe.
Face à elle, la femme debout se tient fière malgré ses liens. Son dos nu, traité dans un travail subtil de carnation qui évoque la délicatesse d’un Caravage ou d’un Rubens, incarne la vulnérabilité, la résignation mais aussi une forme de résistance silencieuse et d’innocence.
Les racines qui jaillissent du sol et enveloppent le personnage central constituent le cœur végétal de ma réflexion. À la façon des motifs organiques de la Renaissance nordique, elles matérialisent les liens invisibles, le destin cyclique et l’attachement fondamental de l’être humain à une puissance tellurique supérieure.
Pour le décor, j’ai privilégié une atmosphère théâtrale. Le contraste saisissant entre les falaises sombres, la mer étalée et ce ciel d’orage s’appuie sur une technique de clair-obscur marquée. La lumière dorée qui traverse la scène découpe les silhouettes avec force et apporte une lueur d’espoir au milieu du chaos.
En peignant cette allégorie du jugement moral, j’ai voulu interroger la complexité de notre nature, suspendue entre pulsion et spiritualité.
Les rôles de victime et de coupable s’y confondent volontairement, instillant un léger inconfort..
Contempler ce théâtre sacré où le bien et le mal demeurent indissociables..
